La mobilité dans le canton

Les dernières enquêtes menées par la Confédération sur la mobilité montrent que lentement, mais sûrement, les Vaudois adoptent des modes de déplacements plus durables. En effet, la part des trajets en transports publics et modes doux (marche, vélo, etc.) augmente, tandis que celle de la voiture a tendance à régresser. Un choix de mobilité qui reste néanmoins fortement conditionné par certains facteurs, comme par exemple le lieu de domicile, la durée de déplacement, les alternatives à disposition, l’âge ou encore le type d’objet à transporter.

 

                                            

La mobilité des Vaudois au quotidien

En 2015, les Vaudois ont parcouru quotidiennement pas moins de 38 km en moyenne sur le territoire suisse. Une distance effectuée pour 73% (28 km) en transport individuel motorisé (TIM), 20% (8 km) en transports publics et 6% (2 km) à pied ou à vélo.

Numérus - Hors-série (juillet 2017) © Statistique Vaud

En termes de motifs de déplacement, ce sont toujours les loisirs qui arrivent en tête (15 km), devant le travail (9 km), les achats (5 km) ou la formation (2 km). Dans le cadre de leurs loisirs, les Vaudois parcourent 77% des distances en transport individuel motorisé et seulement 12% en transports publics. Pour se rendre au travail, le recours aux transports publics monte à 29% des distances.

Numérus - Hors-série (juillet 2017) © Statistique Vaud

La part des ménages sans voiture progresse en milieu urbain

La proportion de ménages vaudois possédant au moins une voiture régresse depuis 2000, passant de 83% à 79% en 2015 pour se rapprocher de la moyenne suisse (78%). S’il est relativement fréquent pour une personne seule de se passer de voiture (41%), les ménages de cinq personnes et plus qui ne possèdent pas de voiture restent rares (6%). Ce sont les habitants des villes qui renoncent le plus à la voiture, sans doute parce que de nombreuses alternatives s’offrent à eux. Les ménages lausannois qui ont fait ce choix sont passés de 35% à 46% entre 2000 et 2015, alors que la progression est moindre dans les centres secondaires et le suburbain dispersé.

Numérus - Hors-série (juillet 2017) © Statistique Vaud

Les abonnements des transports publics de plus en plus demandés

Les Vaudois disposent de plus en plus souvent d’un abonnement des transports publics (TP), demi-tarif inclus. Ainsi, près d’un Vaudois sur deux possède un abonnement des transports publics (48%) en 2015, contre seulement 31% en 2000. Ce sont les jeunes (16-24 ans) qui en disposent le plus fréquemment (74%), suivis des retraités (47% des 65 ans et plus). Quel que soit l’âge, les femmes détiennent plus souvent un abonnement que les hommes.

Numérus - Hors-série (juillet 2017) © Statistique Vaud

Ce sont dans les régions périurbaines ou de montagne que l’on trouve le moins d’abonnés aux transports publics (36%), alors que Lausanne en compte 67%. Dans le canton, 30% des personnes de 16 ans et plus possèdent un abonnement CFF demi-tarif, 15% un abonnement régional de type Mobilis et 8% un abonnement général. Malgré un taux d’abonnés atteignant 74% parmi les 16-24 ans, la proportion parmi l’ensemble des Vaudois (48%) reste inférieure à la moyenne suisse (57%) en 2015.

La mobilité douce : 39% du temps de trajet

La répartition modale des déplacements basée sur la durée de trajet renforce le poids des étapes parcourues à pied et à vélo. Alors qu’en termes de distance, celles-ci ne représentent que 6% des déplacements des Vaudois en 2015, la part de la mobilité douce grimpe à 39% du temps de trajet parcouru, soit 32 minutes par jour (cf. Tableau F8). La part modale des trajets effectués en TIM reste toutefois la plus élevée en matière de durée, avec 48%, soit 40 minutes par jour. Après pondération par la durée, la part des TP tombe à 12% du total journalier, soit 10 minutes seulement.

En termes de ressources, plus de la moitié (56%) des ménages vaudois possèdent un ou plusieurs vélos (tous types confondus). Ce sont dans les communes périurbaines ou de montagne que les détenteurs de vélos sont les plus nombreux (66% des ménages). Sur le plan cantonal, 4% des ménages disposent d’au moins un vélo électrique.

La mobilité durable gagne du terrain depuis les années 2000

Entre 2000 et 2015, la mobilité des Vaudois a évolué vers un recours moins intensif aux transports individuels motorisés au profit d’une utilisation plus marquée des transports publics. En quinze ans, la part des TIM a perdu 5 points pour atteindre 73% des distances, alors que les TP ont gagné 6 points pour se monter à 20%. Quant à la mobilité douce, elle a progressé d’un point entre 2000 et 2015 (de 5% à 6%).

Numérus - Hors-série (juillet 2017) © Statistique Vaud

Quelles explications à ces changements modaux ?

Au cours des vingt dernières années, l’image des différents modes de transport s’est métamorphosée dans les agglomérations suisses, au profit des transports publics et de la mobilité douce. L’offre en transports publics (TP) s’est considérablement accrue, avec le développement de nouvelles lignes et des cadences plus importantes, les gares et les interfaces ont été réaménagées et revalorisées, le matériel roulant a été renouvelé et l’identité visuelle des compagnies modernisée. D’autre part, des innovations en termes de technologies et de communication ont bouleversé la diffusion de l’information et des services aux voyageurs, et les tablettes et smartphones donnent une nouvelle valeur au temps passé dans les TP, en faisant des lieux de travail, de communication ou de distraction.

De même, une attention particulière a été dédiée à développer les infrastructures de mobilité douce (MD), à sécuriser les parcours piétonniers et cyclistes, en donnant la priorité à ces modes, à revaloriser leurs images, et à promouvoir le vélo comme un moyen de transport à part entière. À noter que ces modes écologiques et bénéfiques pour la santé apparaissent d'autant plus attractifs, à une époque où pratiquer une activité physique régulière devient une priorité pour se maintenir en bonne forme.

Ainsi, il semble que le report modal constaté soit dû à l’augmentation de l’efficacité des TP et des MD et à la dégradation des conditions d’utilisation de la voiture (moins de stationnement, embouteillages), mais également à des convictions personnelles de personnes voulant se maintenir en forme, et désireuses de réduire leur impact sur l’environnement. En conséquence, le nombre de « multimodaux » est en augmentation : par exemple, ces personnes utilisent la voiture quand les alternatives ne sont pas satisfaisantes, mais se déplacent en MD ou en TP aux endroits denses et bien desservis.

Numérus - Hors-série (juillet 2017) © Statistique Vaud

* L'essentiel des statistiques de cette page provient de l'édition hors-série Numérus du mois de juillet 2017. Voir la publication officielle.